A quelques mois des presidentielles, si Sarko arrivait en têtes, voici ce qu'il se passerait avec le médef : le mariage.
Le Medef a dévoilé jeudi un livre blanc destiné à offrir un projet de société, à moins de trois mois de l'élection présidentielle, avec l'objectif "d'augmenter la richesse de tous les
Français".
L'organisation patronale devait officiellement présenter l'ouvrage, intitulé "Besoin d'air", en fin de matinée lors de son assemblée générale annuelle qui rassemble quelque 6.000 chefs d'entreprise, au Palais omnisports de Paris-Bercy.
Le texte de 150 pages sera disponible simultanément en librairie au prix de 15 euros.
Cet ouvrage, dit-on au Medef, répond à un triple objectif : peser sur la campagne électorale, fournir une synthèse aux adhérents de l'organisation et informer le grand public de ses revendications.
"Pour la première fois, les entreprises proposent une vision globale, un projet de société cohérent. Avec un objectif : augmenter la richesse de tous les Français", peut-on lire sur une plaquette de présentation.
Dans la préface du livre blanc, la présidente du Medef, Laurence Parisot, affirme
qu'"augmenter les revenus les plus modestes et augmenter les richesses globalement cela va de pair".
(voir mon commentaire)
Rédigé à partir des contributions de près de 50.000 chefs d'entreprise, le document part du constat que la France "s'asphyxie" et que les entreprises "étouffent" sous le poids des charges fiscales et sociales et des contraintes réglementaires.
Loin d'un catalogue, l'ouvrage égrène des propositions dont la plupart sont déjà connues, comme l'abrogation des 35 heures ou la fin de la retraite à 60 ans.
Principale nouveauté, le Medef propose d'inscrire dans le préambule de la Constitution une "charte des droits du contribuable" qui poserait les principes du "droit à une fiscalité non confiscatoire, non rétroactive et non cumulative".
"CDI DE MISSION"
Dans sa
préface, Laurence Parisot affirme une nouvelle fois que "le temps de travail ne peut se décréter uniformément et une bonne fois pour toutes".
"Nous pensons qu'il serait plus efficace économiquement et plus respectueux socialement que la durée du travail ne soit plus définie par la loi, mais soit déterminée, branche par branche, entreprise par entreprise, par un accord entre patronat et syndicat", explique-t-elle.
Sur la réforme du contrat de travail, le Medef estime que "refuser d'insuffler de l'air, d'assouplir le système, c'est tout simplement faire le choix du chômage".
L'organisation patronale recommande de créer un nouveau contrat baptisé "CDI de mission" dont la rupture ne pourrait faire l'objet d'une contestation mais permettrait de bénéficier d'indemnités de chômage.
"A mi-chemin entre CDI et CDD, ce nouveau
contrat intègre une clause de rupture automatique liée à la réalisation de la mission ou à n'importe quel autre événement pré-défini", explique-t-elle.
Le Medef demande une nouvelle fois de "dédramatiser les modalités de licenciement" en établissant le principe de la "séparabilité" qu'il compare au divorce à l'amiable.
Relevant que "chaque année, le Code du travail s'accroît de plus de quarante pages", l'organisation propose de modifier la Constitution pour "faire de l'accord collectif du travail le principe et de la loi l'exception".
Selon le Medef, la lourdeur des prélèvements obligatoires "constitue l'obstacle majeur à la compétitivité de nos entreprises, et par là à la croissance française, et par là à la création d'emplois et à la hausse des salaires".
Pour limiter le poids des cotisations
sociales, le Medef souhaite qu'une partie de la protection sociale soit financée par la solidarité nationale.
Il répète qu'il considère que le système de retraites par répartition est "dans une impasse" en raison de l'évolution démographique et que "l'abaissement de l'âge légal de la retraite de 65 à 60 ans en 1982 est une erreur historique".
Le livre blanc souhaite enfin "dépolitiser" les hausses du smic pour les lier à la conjoncture économique et "introduire une culture du management et de la performance au sein des administrations".
Ce qui donne en claire :
- des semaines de 40h, 45 h, voir plus
- un contrat précaire permanent
- vous allez bosser jusqu'à 65 ans (au moins)
Qui à dit que tout va bien en France ?

